Irène, l'avocate de "Mère nature"




Bilan mitigé, en demi-teinte... La Conférence des Nations unies sur le climat , la semaine passée, a marqué quelques avancées sur la réduction des émissions de méthane et la sortie progressive des énergies fossiles. En revanche, il manque 20 milliards de dollars sur les 100 promis par les pays développés au titre de la "justice climatique". Or, l'Afrique -notamment- émet peu de CO² (7%), alors qu'elle est touchée de plein fouet par le dérèglement climatique.

Et la COP 26 n'a pas vraiment intégré l'enjeu agricole, rendant peu crédibles les belles déclarations sur la fin de la déforestation tropicale. Il faut écouter et relayer la parole des jeunes Africains qui se sont engagés sur le front du climat. Comme Vanessa Nakate, Ougandaise, 25 ans , qui a pu aller à la Conférence de Glasgow dire qu'elle voulait "des actions maintenant, pas dans dix ans." Elle ajoutait: "Il ne faut pas seulement parler de voitures électriques, mais veiller à ce que les populations les plus fragiles ne soient pas davantage marginalisées." En vingt ans, les catastrophes climatiques en Afrique ont causé la mort de 46.000 personnes et déplacé 7 millions de personnes.


Parmi ceux et celles qui incarnent les visages de la mobilisation, citons "Mama Irène", Irène Wabiwa Betoko, avocate. Depuis 2010, elle mène avec Greenpeace la lutte contre la déforestation du bassin du Congo, deuxième poumon de la planète après l'Amazonie. L'exploitation forestière, l'agriculture, l'industrie minière et désormais pétrolière menacent près de 300 millions d'hectares de forêt tropicale à cheval sur six pays. Pour beaucoup, "Mama Irène" est devenue un espoir.

Paul Goupil