L’avenir entre tes mains




Texte proposé dans le cadre du concours de nouvelles du festival littéraire l'Ouest Hurlant



Ce matin, des tas d'ordures jonchaient le pas de ma porte. Je n'étais pas le seul concerné. Tout le monde l'était. Un monde avait décidé que notre Terre lui servirait de poubelle. On était tous sous le choc. Un de mes voisins avait appelé la police pour leur parler de ce qui s'était passé, mais ils ne nous expliquèrent rien. Pour moi, un monde parallèle ou extraterrestre avait pour but de nous donner ses déchets tout en restant caché à nous regarder. Nous étions démunis, privés de nos moyens.


Je commençai alors à trier les déchets, ce qui était pour moi normal, puisque je le faisais déjà (ou alors c'était mon personnel de maison). Je me mis donc à trier dehors, me disant que les ordures devant nos pas-de-porte allaient diminuer.


Le lendemain, j’entendis une de mes domestiques crier, j'accourus. Elle me lança un regard interloqué : la porte s'était ouverte sur une montagne de déchets. La situation empirait et la population en avait marre. Les citoyens créèrent une révolte devant ma maison, qui était la maison du président, puisque je suis son fils. Mon père ne réagissait pas à la situation. J’entendais les insultes dirigées contre lui, mais il restait de marbre.


Je sortis pour me changer les idées. Dans ces cas-là, j'allais sur un banc près d'une forêt ; le chant des oiseaux, le bruit des feuilles dans le vent... Tous ces bruits calmes et reposants m’apaisaient. Je m’assis sur le banc et je regardai la forêt. Soudain, je vis un garçon dans les bois. Il me fixait dans les yeux et commença à venir vers moi. Il m'attrapa le bras et m’emmena dans la forêt de force. J'essayai de me délivrer du bras de ce garçon, mais il ne voulait pas me lâcher, et même il me serrait plus fort. Au moment où je voulus lui parler, une lumière m’éblouit.


Je mis un moment avant de bien tout voir. Quand ma vue commença à être nette à nouveau, je vis un portail étincelant qui s’ouvrait sur un lac où les déchets étaient rois. Il n'y avait plus une once de vie autour. Les animaux des environs étaient soit malades, soit morts. Les arbres n'avaient plus aucune feuille. Le garçon me regarda puis me supplia d’arrêter de produire des déchets. Il m’expliqua que si je ne voulais pas avoir le même résultat dans ma dimension, il fallait au minimum recycler les déchets et idéalement arrêter d’en faire. En fait, c'était lui qui venait déposer les déchets au pas de nos portes ! Pour nous montrer ce qui nous attendait…


J'étais dans le brouillard. Une autre dimension ! Je ne savais pas vraiment quoi faire…faire confiance à un inconnu qui pourrait nous aider à régler nos problèmes dans « notre dimension », ou lui tourner le dos, et laisser le temps régler le problème ? Je choisis de lui faire confiance et je lui promis de tout remettre en ordre. Il me donna les informations nécessaires pour arrêter les déchets et me ramena dans ma dimension, à l'endroit même où j'étais quand il était apparu : sur le banc.


Je revins chez moi. Mon père lisait sur le canapé, je lui demandai de m'écouter. Je lui expliquai comment régler le problème des déchets sur le pas de nos portes. C’était simple, il fallait arrêter le surplus de production de plastique et bien trier nos déchets. Mon père m'écouta et demanda à la population de faire de même, sans faire de révolte. Il leur répéta mot pour mot ce que je lui avais dit. La population était dans l'obligation de le faire, car c'était le seul moyen pour arrêter des ordures sur le pas de nos portes, et, à long terme, pour éviter la catastrophe écologique. Et les résultats se firent sentir : au bout de plusieurs mois, les ordures disparurent, la vie de la population reprit son cours normal.


Á la suite de cet incident, je commençai de longues études, et, des années après, je devins le ministre de l'Écologie. Je continue de rappeler à la population de trier ses déchets et je vérifie la quantité de plastique produite, afin qu'elle ne devienne pas trop importante. Je n’ai jamais revu ce jeune garçon. J'aurais aimé pouvoir le remercier de nous avoir sauvés, mais je ne l’ai pas recroisé. Pourtant, je vais souvent sur ce banc. J'espère qu'il est fier de moi, fier de nous. En-tout-cas, moi, je le suis...



Par Clémence BELLEC,


Classe de 4ème/3ème à la Clinique FSEF Rennes-Beaulieu

Professeur de français :MmeDONNIO