La petite maison à l’orée de la forêt




Texte proposé dans le cadre du concours de nouvelles du festival littéraire l'Ouest Hurlant



Je me promenais, par une nuit de décembre, dans la forêt derrière chez moi. Il faisait froid et il neigeait. Tout en avançant, j’observais les flocons tomber avec douceur. Une légère brise soufflait. Je commençai à regretter d’avoir oublié de prendre mon écharpe.


Soudain, les arbres s’agitèrent en projetant de la neige partout. Je me disais que c’était le vent qui les avait fait bouger, mais à part la légère brise, il n’y avait pas de vent. J’accélérai ma marche tout en essayant de me rassurer. Je décidai de rentrer chez moi. Une fois rentré, je me fis chauffer du thé. J’habitais dans une petite maison assez isolée. Je l’avais achetée que très récemment. Les anciens propriétaires étaient des personnes âgées qui avait disparu quelque temps auparavant. La maison était sombre, seul un feu et quelques bougies éclairaient la salle à manger. Après avoir mangé une soupe épaisse, j’allai me coucher. La chambre était plutôt petite et contenait tout un tas de bibelots. Il faisait froid, seul le feu à l’étage inférieur chauffait la bâtisse. Je m’endormis plutôt vite.


Le lendemain matin, il neigeait encore. Je dus aller déblayer l’allée. Après avoir pris un rapide déjeuner, je retournai me promener dans la forêt. Dans celle-ci, il y avait de nombreux arbres abattus. Cela m’étonnait, car il n’y avait pas eu de vent cette nuit. Plus j’allais loin plus il neigeait fort. Arrivé au cœur du bois, je découvris une clairière qui n’était pas naturelle étant donné que tous les arbres dans un rayon de dix mètres étaient tombés. J’avais froid, alors je pris le chemin du retour. De nouveau chez moi, je continuai à déballer mes cartons de déménagement. Je repérai une petite salle qui était parfaite pour ma collection d’armes anciennes. J’adorais tous type d’armes datant de la période du Moyen- Age et de la Renaissance, plus particulièrement les épées. Je décidai de visiter la cave. Je n’osais pas y aller, car la seule lumière était un candélabre qui projetait une faible lueur. Je descendis prudemment l’escalier en pierre. Je débouchai sur une salle creusée à même la roche. Il y avait des petites étagères couvertes de poussière. Elles étaient toutes vides sauf une qui contenait une épée plutôt bien conservée. Je vis lorsque je la pris des traces qui montraient qu’elle avait été placé là récemment. Je la nettoyai puis je la rangeai dans ma collection. J’allai pour me coucher quand j’entendis du bruit. C’était comme si quelqu’un avait jeté un objet en métal sur le sol. Je descendis prudemment. Je vis l’arme au sol alors que je l’avais mise dans une vitrine. Je me persuadais que je l’avais sûrement juste posée dessus et qu’elle avait glissée. Malgré mes tentatives pour me rassurer le doute persistait. Je la remis à sa place puis je me couchai.


Je me réveillai tard, il était environ 11h. Je fis ma toilette rapidement et sortis pour prendre un chemin différent dans la forêt, mais là aussi les arbres étaient couchés, cependant, ils étaient moins nombreux à être tombés que sur l’autre chemin. J’arrivai de nouveau dans la clairière. Cette fois au lieu d’être en vrac les arbres étaient placés en cercle autour d’un rocher. Ils n’étaient pas là la dernière fois et je voyais encore les traces qu’ils avaient fait lorsqu’ils furent déplacés. Je rentrai à la maison et j’entrepris d’explorer plus loin la cave. Je retournais à la petite salle. J’aperçus un passage derrière une étagère. Dès que je la touchai, elle tomba en morceau. Il y avait derrière une petite porte. Je l’ouvris, elle grinça fortement. Il y avait derrière une petite salle qui contenait une table, une chaise, et une armoire. Sur la table, se trouvait un livre ouvert. Je lus quelques lignes et je me rendis compte qu’il parlait de cette maison et de la forêt voisine. Il racontait cela : « Il se passa ici une grande bataille qui opposa l’armée du seigneur et les habitants du village qui étaient essentiellement des bûcherons. Ces derniers faisaient tomber des arbres sur leurs assaillants. L’armée du seigneur arriva tout de même jusqu’au village. Ils massacrèrent tout les villageois. Quand cette dernière voulue repartir, les soldats virent que les arbres coupés avaient formé un mur autour du village. Ils essayèrent de détruire le mur, mais ils étaient pris au piège. Après plusieurs jours, l’armée ne comportait plus qu’une cinquantaine d’hommes. Alors le seigneur se sacrifia pour que ses soldats puissent repartir. Les quelques survivants purent s’enfuir dans les bois, mais ils ne ressortirent jamais. On dit depuis ce jour les esprits des soldats et ceux des bûcherons hantent toujours les lieux et qu’ils se regroupent au cœur de la forêt le jour du nouvel an. » Les pages après celle-ci avaient été arrachées. Je remontai et quand je passai à côté de ma collection, je ne vis plus l’épée. Je me sentais fatigué, je me couchai plutôt que d’habitude.


Le lendemain était le jour du Nouvel An. Je me levai et pour me changer les idées, car j’avais de plus en plus peur d’être dans la maison, je sortis faire un tour. J’avançais au gré du chemin. Je me rendis compte que je me dirigeais instinctivement vers le centre de la forêt. Je crus entendre des voix alors je me mis à accélérer. À la fois, j’étais curieux et à la fois, j’étais terrorisé en pensant à ce que j’allais découvrir. J’arrivai dans la clairière et j’entendis de partout des bruits de combat alors que je ne voyais rien. Je partis en courant, je croyais devenir fou. Je courrais, mais je n’arrivais plus à sortir de la forêt. Depuis ce jour, j’erre sans fin pour sortir de celle-ci. Le temps n’existe plus…



Thibault BALBASTRE