Les extra-terrestres écologiques



Texte proposé dans le cadre du concours de nouvelles du festival littéraire l'Ouest Hurlant

Ce matin, des tas d’ordures jonchaient le pas de ma porte. Je n’étais pas le seul concerné. Tout le monde l’était. Un autre monde avait décidé que notre Terre lui servirait de poubelle…


Aujourd’hui, comme tous les matins, Jules se préparait pour sa journée de travail. Il vivait dans une petite maison en pierre. Il était ingénieur et inventeur. C’était le seul dans les Côtes d’Armor. Alors, chaque jour, il recevait plein de commandes !

Ah, mais non… Aujourd’hui, Jules avait pris des congés !


Pour un premier jour de congé, en tout cas, ça commençait mal. Il ne pouvait pas profiter de la vue de la mer ! Le seul endroit sans déchet était le jardin. Jules était de moyenne taille et assez timide. Souvent, ses amis l’appelaient « le débrouille tout ». Il avait souvent la réponse à tous les problèmes de circuit.


Mais, aujourd’hui, l’ingénieur n’avait aucune idée de ceux qui pouvaient bien avoir déposé leurs déchets sur la planète bleue ! Pas même une petite hypothèse ! Soudain, il lui vint une idée, les hommes n’auraient pas pu jeter leurs détritus sur leur planète ! Conclusion : les propriétaires de ces ordures, venaient d’ailleurs : de l’espace ! Il fallait les retrouver.


Mais, il y avait un problème. Comment rejoindre les extra-terrestres sur leur planète ? Ne passerait-il pas pour un fou s’il racontait cela alors que jamais personne au monde n’avait pu prouver leur existence ? Jules pensa qu’il valait mieux ne rien dire à personne et se concentrer sur la machine qui pourrait l’emmener dans l’espace. Les fusées existaient déjà, mais peut-être les extra-terrestres vivaient-ils dans une autre galaxie ? Personne n’était jamais allé aussi loin dans l’espace ! Jules devait construire et inventer une fusée qui permettrait de quitter la galaxie et de revenir sur Terre plus vite que la lumière !


Notre héros se mit à travailler jour et nuit, il dormait seulement quelques heures par-ci, par-là ! Il n’avait jamais fabriqué une aussi grande invention !


Au bout d’une semaine, il avait terminé sa fusée qui pouvait contenir des tonnes de réserves de nourriture. Elle était flamboyante, haute comme une pyramide de 7 girafes ! Il l’avait peinte en noir et blanc, les couleurs de la Bretagne. Après environ 12 heures de remplissage de fruits, légumes et eau, la fusée baptisée « Juliette » était fin prête à décoller !


Jules se reposa une quarantaine de minutes, juste le temps de reprendre des forces après les innombrables efforts qu’il venait de faire dans la construction de sa fusée. Dès qu’il ressortit de sa petite maison, baillant et s’étirant, il monta dans son bolide volant. Il s’assit sur le siège du conducteur.(C’était d’ailleurs, le seul siège de la fusée). Puis, il actionna le bouton vert pour s’envoler dans l’infini de la galaxie !


Bientôt, Jules se prépara à quitter la galaxie ! Une chose difficile, que jamais personne n’avait tenté de faire ! L’Homme n’avait posé son pied que sur un seul sol différent de la Terre, la lune.


Après plusieurs millions de kilomètres, l’inventeur aperçut une petite planète rouge sombre, ressemblant à une grosse boule de billard, ronde et brillante. Jules décida qu’il valait mieux faire une petite pause. Il se posa sur la boule volante. Son radar à oxygène lui informa qu’il pouvait respirer. Il descendit de sa fidèle fusée « Juliette ».


Soudain, des cailloux sortis du sol s’approchèrent. Ils étaient de la même couleur que la planète ce qui facilitait leur camouflage. Les extra-terrestres portaient un masque et des bouteilles. Ils lui parlaient dans une langue des signes. Jules pu comprendre une bonne partie de leur langue, car leurs gestes se traduisaient facilement. Un extra-terrestre lui raconta que leur planète était très polluée par les déchets qu’ils produisaient en mangeant.

Jules sauta de joie, il venait, peut-être, de trouver les responsables de l’arrivée des déchets sur sa planète !

Le petit être lui désigna une machine ressemblant à un éléphant. Un petit bonhomme rouge clair jetait des détritus dans un tuyau. Aussitôt après, la machine renvoyait les déchets à toute vitesse vers la Terre ! L’extra-terrestre continua ses explications en disant que toute la population de cette planète, et lui-même, respiraient du dioxyde de carbone ! Les déchets aspiraient le CO2 et donc les êtres rouges ne pouvaient plus respirer !


Jules réfléchit, il devait régler ce problème : comment faire pour que les déchets ne se retrouvent ni sur cette planète ni sur la planète bleue ? Peut-être pouvait-il construire une machine qui permettrait de transformer les déchets du monde, en CO2 ! Puis, la machine renverrait le CO2 sur leur planète pour qu’ils puissent continuer à respirer ! Jules courut vers sa fusée et rentra sur la Terre sans problème. Il pensa bien à cartographier le chemin. Aussitôt rentré chez lui, il commença ses recherches.


Quelques semaines plus tard, il avait tous les plans nécessaires à la fabrication de la machine. Il commanda les matériaux, et se mit à l’œuvre. Au bout d’un mois, travaillant tous les jours, la machine était prête. Il ne restait plus qu’à retourner voir les extra-terrestres et la Terre serait libérée de ces ordures !


Le lendemain matin, Jules reprit la route à bord de sa fusée et retourna sur la boule rouge des extra-terrestres. Il raccorda le tuyau à sa machine depuis la petite planète. Il laissa la « machine-éléphant » de côté. Jules avait programmé sa machine pour qu’elle commence à envoyer des détritus aussitôt le tuyau branché. Après quelques minutes d’attente, le CO2 arriva et les extra-terrestres sautèrent de joie en enlevant les masques et bouteilles.Mais, Jules ne put bientôt plus respirer, car il n’avait pas prévu de casque et de bouteille d’oxygène.


Et, c’est sans un « au revoir » qu’il partit rejoindre son atelier pour reprendre le travail ! Enfin « reprendre » …


Tous les déchets de la ville furent bientôt tous jetés dans la machine. Jules avait tout fait tout seul, il ne voulait pas raconter l’histoire à tout le monde ! Il avait aussi détruit sa fusée et ses plans.


L’inventeur avait construit peu après, un mur de béton entourant la machine et il lui avait rajouté un aspirateur à déchets. Ainsi, plus besoin de Jules pour jeter à longueur de journée, les ordures dans la machine.


Un matin, Jules se réveilla, il avait mal aux jambes et pourtant, il n’avait pas bougé depuis plusieurs jours. Il sortit de chez lui chercher le journal et se souvint : dans un souvenir imprécis, il avait voyagé et construit une machine, il l’avait posée derrière le mur de béton qui se trouvait devant chez lui ! Quand il s’approcha, le mur avait une petite fente. Il regarda à travers, mais il n’y avait rien à l’intérieur.



Par Alexandre Le Picard

Elève de 4D, Collège Simone Veil de Lamballe