Lubrizol, un enfumage ?





L'usine Lubrizol a brûlé dans la nuit du 25 au 26 septembre 2019, mais les Rouennais vont surtout se rappeler de l’incertitude des jours suivants. Même des années plus tard, il y a encore des zones d'ombre sur les causes et le déroulement des événements. Que s'est-il réellement passé ?



Cette nuit-là, l’usine Lubrizol, produisant des lubrifiants industriels, est la proie d’un incendie de grande ampleur. Il s’agit d’une installation classée “Seveso seuil haut”, 500 tonnes de produits toxiques pour les milieux aquatiques y sont stockés.

L'incendie a été maîtrisé en une douzaine d'heures en évitant tout suraccident, mais le panache de fumée atteignant 20 km de long et 6 de large entraîne de nombreuses inquiétudes.



Les premières analyses ont révélé qu’il n’y avait pas de toxicité aiguë et ont écarté les risques immédiats. Mais le choix de telles formulations n’a pas rassuré les populations concernées. Situation aggravée par les mesures de précaution prises (fermeture des crèches, consignation de produits agricoles). Un précédent de communication mensongère existant avec l’accident de Tchernobyl, la transparence de la communication officielle a été mise en doute d’autant plus facilement.



Les analyses plus poussées ont été gérées en fonction des domaines (eau, environnement, alimentaire), ce qui a entraîné des méthodologies et des calendriers différents, conduisant à des difficultés pour obtenir les informations pour les populations et à des craintes supplémentaires légitimes. Ce manque de clarté du message est contraire aux préconisations en gestion de crise.



Des enseignements ont toutefois été tirés de cette catastrophe, en particulier avec un rapport administratif conjoint des différentes administrations concernées qui préconise toute une liste de mesures pour améliorer la communication pendant, avec un système d’alerte modernisé, et après une crise. Au vu des différents éléments, la gestion de l’incendie laisse à penser que la situation exceptionnelle a entraîné des problèmes de communication, mais sans volonté de délibérément tromper la population.



Par Florian CREUTZER