Vivre pour travailler




Savez-vous ce qu’est la hustle culture ? Le workaholism ? Ce sont des mots empruntés à la langue anglaise qui renvoient à la relation toxique que certains d’entre nous développent avec leur travail. Une dévotion complète, le sentiment de toujours devoir en faire plus … Notre qualité de vie en souffre et pourtant nous sommes incapables de faire autrement.


C’est un phénomène qui touche beaucoup de millennials (individus nés entre 1984 et 1996) aux États-Unis, en Asie et désormais dans de nombreux autres pays. Il s’ancre dans le contexte historique post années 1970, entre crises économiques, montée du terrorisme, accroissement des inégalités et urgence climatique – entre autres. Ces événements ont impacté le marché du travail, mais aussi notre attitude face à l’avenir : la croyance de nos aînés selon laquelle la vie de demain sera meilleure n’est plus vraie. Dans ce monde incertain, polarisé et plus compétitif que jamais, les principes économiques semblent être devenus rois. On nous apprend dès le plus jeune âge que la seule façon de s’en sortir est d’optimiser : notre temps, notre travail et même notre personne. Ainsi, nous réussirons peut-être à nous frayer un chemin dans la société et vivre la vie dont nous rêvons.


Oui, mais à quel prix ? S’il nous faut sacrifier nos relations, notre sommeil, notre santé… s’agit-il d’une vie de rêve ? Penser pouvoir tout concilier n’est qu’une douce illusion. Alors il faut choisir : courir inlassablement derrière l’idée d’un avenir meilleur ou faire ce qui nous rend heureux, maintenant ? Seulement, serons-nous un jour satisfaits ? Quand bien même ce serait le cas, cette satisfaction parviendra-t-elle à nous faire oublier tous les sacrifices consentis ?


La réponse à ces questions appartient à chacun. Mais puisque les principes économiques nous gouvernent désormais, peut-être devrions-nous nous rappeler de ce que disait le célèbre économiste John Maynard Keynes : à long terme, nous sommes tous morts.



Maëlle COSSON




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